Rencontre avec Marie-Hélène et Clémentine l’âme et la puissance de Baume

Chez Baume, on ne parle pas seulement de soin : on parle de mémoire, de cyclicité, de puissance. Dans cet écrin genevois dédié au corps féminin, les tabous tombent, les douleurs trouvent des mots et la douceur devient un acte engagé. Plus qu’une boutique, Baume est un lieu vivant, traversé par des récits, des rencontres et une conviction forte : réconcilier les femmes avec leur corps à chaque étape de leur vie.

Pour comprendre la genèse et l’âme du projet, rencontre avec ses fondatrices : Marie-Hélène et Clémentine.

GDH : Quel a été le moment le plus marquant pour vous depuis l'ouverture de la boutique ?

M-H. & C. : Pour nous, ça a été la venue de Clélia Odette, une photographe qui sublime la beauté des femmes de plus de 50 ans : on aime ses portraits, la façon dont elle révèle la lumière d’un visage et la profondeur d’une histoire. Sa présence chez nous, c’était comme une matérialisation de ce qu’on aspire à défendre : soutenir les femmes à chaque étape de leur vie, dé-tabouiser la cyclicité des corps, le vieillissement et bien-sûr développer un regard doux sur les corps, célébrer ce mouvement de la vie qui traverse les années. Cette soirée nous a profondément touchées. Il y avait une énergie pleine de douceur, d’amour, de reconnaissance… un sentiment que tout était juste. 

GDH : Vous évoquez l’idée que le corps des femmes porte une mémoire, faite de silences et de résilience. Comment cette vision se traduit-elle concrètement dans la sélection des produits et dans l’expérience proposée en boutique ?

M-H. & C. : Chez Baume, cette vision se traduit dans l’accueil et l’écoute que nous offrons. Quand une femme entre, elle trouve un espace pour elle, où elle peut déposer une douleur, une question, une gêne ou juste un besoin de confort. Cette reconnaissance fait déjà partie du soin.

Les produits, eux, soulagent les maux (M-A-U-X) — douleurs, sécheresses, inconforts — et ouvrent les mots (M-O-T-S) : ils permettent de parler du corps, des cycles, de l’intime.

Honorer cette mémoire, c’est accompagner vers des solutions concrètes, apporter de l’apaisement, comme un baume qu’on dépose sur une cicatrice. Et en même temps, valoriser la puissance, la beauté et l’autonomie du corps féminin. C’est ce qui guide autant la sélection des produits que l’expérience que l’on propose.

GDH : Baume se veut aussi un espace de rencontres, de dialogues et de transmission, avec des événements et des thérapeutes partenaires. Pensez-vous que ces lieux hybrides répondent à un manque plus large dans notre société actuelle ?

M-H. & C. : Oui, nous pensons que ces lieux hybrides répondent à un manque réel. Baume est à la fois une boutique mais aussi un pont vers un réseau de thérapeutes, un espace d’ateliers et d’évènements qui met en avant des femmes, leurs connaissances, leur art, leur travail.

Pendant longtemps, dans nos sociétés, les investissements autour des femmes, ont surtout concerné le paraître : régimes, anti-âge, crème anti-rides… Alors que tout ce qui touche à la santé hormonale, au cycle, au vieillissement, à la douleur, à la compréhension du corps, a été largement sous-financé, sous-documenté et invisibilisé. Les choses évoluent doucement et Baume veut contribuer à occuper cet espace manquant : un lieu public où l’on peut parler de ce que vivent les corps féminins, trouver de l’apaisement, du soutien et surtout une joie. La joie de se sentir connectée à son corps, la joie de se sentir apaisée et sublimée, la joie d'habiter ce corps cyclique.  

GDH : Souhaitez-vous rester un écrin genevois très incarné ou voyez-vous Baume comme un modèle reproductible ailleurs ?

M-H. & C. : On aime accueillir la spontanéité et les surprises que la vie peut apporter. Si un jour Baume se déployait ailleurs, il serait indispensable pour nous que cela émane du ventre d'autres femmes qui rejoindraient le projet. 

GDH : Quelles conditions seraient, selon vous, indispensables pour préserver l’âme du projet en cas de développement ?

M-H. & C. : On aime beaucoup que la question évoque "l'âme", parce qu’on pense réellement que chaque projet engagé porte une âme, une vibration, et qu’il émane de nos histoires. On aime dire que Baume prend racine dans nos ventres et c’est de là que le projet se déploie. Et ce n’est pas une image : Marie vit avec de l’endométriose et l’année passée, la même année que la création de Baume, elle a traversé une opération avec ablation de l’utérus pour avancer dans son cheminement avec la maladie. Clémentine vit aussi des enjeux de santé, avec une maladie chronique et un rapport au corps marqué par la douleur.

Il y a l’apprentissage entrepreneurial. Devenir entrepreneuse, ça réveille beaucoup de choses : la capacité à prendre des décisions, à s’affirmer, à faire tenir ensemble le rêve et la réalité, le désir et la logistique. C’est un espace de déploiement et de relation : entre nous deux, on a ouvert un territoire d’écoute profonde, pour explorer nos envies. Ça nous transforme.

Et enfin, l'authenticité est une de nos valeurs fondamentales. Être maman entrepreneuse, gérer l'entreprise, vivre avec ses douleurs, accueillir la fatigue, prendre du temps pour soi, un joli mélange dans lequel on chemine en douceur, sur lequel on essaye de surfer comme on peut. 

Il est essentiel, pour terminer cette interview, de partager que c'est une profonde expérience humaine et collective, avec un réseau incroyable de personnes qui nous soutiennent. Au-delà de la sororité, nous aimons le terme d'adelphité, qui souligne la solidarité humaine derrière Baume, au-delà des genres, un engagement pour un monde plus sensible et à l'écoute.

📍 Baume Genève – 2 rue de la Mairie
Du lundi au samedi
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