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Au temps du street art

Des graffitis dans l’horlogerie

Véritable “oeuvre d’art à porter au poignet”, la nouvelle montre RM 68-01 Tourbillon bouscule les codes : pour la première fois, un street artiste s’attaque à la haute horlogerie.
IMDG0556-c Didier Gourdon
Richard Mille n’est pas homme à opter pour la demi-mesure. Quand il propose à un street artiste d’utiliser une montre comme toile, il lui laisse carte blanche. Entièrement et sans restriction. Cyril Kongo, peintre français autodidacte, mondialement connu,  a relevé le défi en traduisant son univers et son langage graphique au cœur d’un mouvement. Jamais œuvre d’art ne s’était trouvée à ce jour matérialisée jusqu’aux ponts et platine d’une montre. Richard Mille et l’artiste membre du mythique collectif MAC CREW, ont ainsi réussi à transposer un art intrinsèquement adapté aux grandes surfaces murales des friches industrielles au domaine horloger, constitué de micromécanique et de précision, passant ainsi des murs des villes aux ponts, platines et cadrans saphir de l’horlogerie. « Je suis issu du graffiti, explique Cyril Phan, alias Kongo. Tout mon travail vient de là. C’est mon école de peinture, j’ai appris dans la rue. J’ai besoin de rester en résonance avec ce monde-là tout en regardant ce qui se passe ailleurs. Le graffiti c’est une langue, des codes, une écriture, que ce soit sur un mur gigantesque, sur le châssis d’une toile ou sur n’importe quels autres supports. Je ne suis pas le peintre d’un seul lieu, ni d’une seule surface. » Plus d’un an aura été nécessaire pour mettre au point la technique de peinture utilisée par le graffeur, fondateur du festival Kosmopolite (Festival international de graffiti) de Bagnolet. Un aérographe a été spécialement développé pour permettre à l’artiste de pulvériser avec la plus grande délicatesse et au goutte- à-goutte ses couleurs. Pour ne pas nuire à l’équilibre et donc au bon fonctionnement du calibre, le poids de la peinture a en effet été strictement défini au préalable. «Il a fallu créer des outils spécifiques et presque un an de recherches pour mettre en place le process permettant de peindre sur une montre de cinq centimètres, poursuit-il. Les dimensions des pièces étant de l’ordre du millimètre, voire moins, je devais créer des lettrages directement dessus, en donnant un effet graphique mais sans employer trop de peinture pour ne pas déséquilibrer le fonctionnement du mouvement. C’était comme si, partant d’une voiture, je devais peindre le châssis, le moteur, chaque piston…» La production de pochoirs de lettres découpées dans des fines plaques de métal microscopiques a permis la réalisation de dessins à peine visibles à l’œil et impossibles à réaliser directement à la main, même si certains motifs ont pu être dessinés à l’aide de stylos à la pointe particulièrement fine. Quel que soit le procédé choisi, ce n’en est pas moins chaque composant de la montre qui a été habillé des couleurs de celui que l’on nomme Mr Colorful. Chaque exemplaire de l’édition limitée à 30 pièces a été travaillé un à un par l’artiste, ce qui en fait de véritables pièces uniques. Au dos de la montre, la forme centrale de la platine du mouvement tourbillon se développe vers l’extérieur comme une goutte de peinture projetée physiquement contre un mur. La face avant de la montre laisse voir les ponts du mouvement, qui s’élancent dans toutes les directions, à l’image des tracés libres caractéristiques des fresques de street art. Bref, une œuvre signée par l’une des figures majeures de l’art graffiti international sur l’une des créations du moins conventionnel des horlogers suisses. On aime.

www.richardmille.com

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