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De Bordeaux à Porto

Quarin, le retour

Le 12 mai 2017, l’hôtel Beau-Rivage Palace accueille la seconde édition suisse des Rencontres Jean-Marc Quarin. Un rendez-vous incontournable pour les Bordeauxphiles.

L’an dernier, l’événement avait date. Les Rencontres Jean-Marc Quarin version suisse avaient réuni tout ce que la Romandie compte d’oenophiles éclairés. Au programme donc de cette seconde édition très attendue, une trentaine de crus dans trois millésimes dont le remarquable 2016 en primeur, tous présentés par leurs vinificateurs. Une sélection unique de crus classés et d’outsiders, qui chacun dans leur catégorie font avancer l’histoire du goût des vins de Bordeaux. Parmi les participants de la rive gauche, on compte notamment les Châteaux Arnauld, Larrivet Haut Brion, La Marzelle, Le Crock, Léoville Poyferré, ou encore Pibran, Saint-Pierre et Tronquoy Lalande. Et rive droite, c’est, entre autres, Château Barde-Haut, Château Canon, Château Croix de Labrie, Château Dalem, Château Fleur Cardinale, Château La Dominique, Château La Fleur de Bouärd, Chateau Lajarre, Château La Marzelle et Château Moulin Haut-Laroque qui viendront se balader du côté du Léman. Comme l’an dernier, les Rencontres sont ponctuées d’ateliers de dégustation des plus pointus. Un premier atelier soulignera ainsi la permanence de la qualité dans le goût de château Margaux, Premier Grand Cru Classé du Médoc ainsi que la montée en puissance de Pavillon Rouge son second vin avec dix millésimes proposés à la dégustation. Un second présentera les Porto Vintage du célèbre domaine Quinta do Noval, en présence du Directeur Général, Christian Seely. Le troisième sera animé par Jean-Marc Quarin himself. Il alignera une verticale exceptionnelle de 20 millésimes de Clos l’Eglise à Pomerol qui célèbrera les vingt ans de son renouveau. Monsieur et Madame Garcin-Lévêque feront parcourir aux oenophiles tous les millésimes de 1997 à 2016. De quoi se faire plaisir. En résumé, une journée à ne pas manquer et que les gastronomes avertis ne manqueront pas de célébrer dès la veille avec un dîner inaugural mets et vins au restaurant La Terrasse du Beau-Rivage Palace, spécialement élaboré par le chef Raphaël Breton et Jean-Marc Quarin.

Les Rencontres Jean-Marc Quarin, Hôtel Beau-Rivage Palace, Place du Port 17, 1006 Lausanne. Le vendredi 12 mai 2017 : 11h-21h. Tarif : 40 CHF. Pour une inscription à un atelier dégustation ou au dîner l’entrée et le Pass Grande Dégustation sont offerts.

www.lesrencontresquarin.com

Le vin suisse au marché

Carouge dans les vignes

C’est une première : le Wine Trotter et le Village du Soir organisent un marché entièrement dédié aux vins suisses les 8 et 9 avril 2017 à Carouge. A vos agendas !

Le principe de l’événement ? Trente vignerons suisses de renom viendront le temps d’un week-end faire déguster leurs vins et vendront leurs précieux flacons en direct aux prix pratiqués au domaine. Une occasion de rencontrer ceux qui concoctent les nectars avec lesquels nous trinquons et de (re)découvrir des pépites du vignoble helvète. Parmi les participants genevois, la cave du plus déjanté vigneron du Mandement Stéphane Gros, l’ultra-perfectionniste Jean-Michel Novelle, mais aussi la talentueuse Sophie Dugerdil pour n’en citer que quelques-uns. Côté Valais, c’est sur les Caves de l’Orlaya, Dubuis § Rudaz ou encore la Cave des Sans Terre que l’on pourra compter.  Quant au canton de Vaud, il sera notamment représenté par la Maison du Moulin, le Domaine La Colombe ou la Cave du Vieux Coteau. En tout, 180 vins pourront être dégustés. Derrière ce premier marché du vin suisse, une passionnée dont la Gazette de l’Helvète vous a déjà parlé : il s’agit de Claire Mallet du Wine Trotter, le fameux bar ambulant et estafette œnologique des amateurs de vins avertis. Elle s’est associée pour l’occasion au Village du Soir, lieu de promotion du terroir et de la culture et nouvelle place-to-be carougeoise. On ne sait pas pour vous mais nous on a bien envie d’y aller !

► [FORMULE NORMALE] : CHF 10.-
– Accès au site
– Un verre à dégustation
– Prix Domaine auprès des 30 vignerons présents

► [FORMULE DEGUSTATION] : CHF 30.-
– Accès au site
– Un verre à dégustation
– 180 vins à déguster gratuitement auprès de 30 vignerons
– Une belle portion de raclette et des petits cornichons
– Le prix « Domaine » est appliqué (tarif caves ouvertes)

Le samedi 8 avril et le dimanche 9 avril de 11h à 18h, Marché du vin suisse, Village du Soir, 24 route des Jeunes, 1227 Carouge.

www.villagedusoir.com
www.lewinetrotter.ch/marche-du-vin

Hotte suisse #5

Allez Hop dans le traîneau

Que les retardataires se rassurent : il est encore temps de dénicher LE cadeau qui fera mouche au pied du sapin. So swiss, so chic…Happy Christmas à tous !

Boutons de manchette Wings tourbillon, acier inoxydable rehaussé de lapis lazuli de roche, Chopard, 470 francs, www.chopard.com

Coffret Nœud Papillon et pochette de la marque genevoise Vabien, 59,90 francs chez Globus, www.globus.ch

Coffret de trois bouteilles de la première cuvée de la Châtelaine de Genève (deux bouteilles de Châtelaine Rouge et une bouteille de Châtelaine Blanche),  vins élaborés chez et avec Mélanie et Philippe Chappuis alias  Zep, 95 francs,www.domaine-du-paradis.ch/chatelaine

Montre RJ-Romain Jerome X Pokémon, édition limitée de 20 pièces à l’effigie de Pikachu à l’occasion des 20 ans de Pokémon, prix sur demande, www.romainjerome.ch

Machine Prodigio, première machine connectée de Nespresso avec gestion du stock capsules, programmation de cafés, alertes maintenance à distance, 229 francs, www.nespresso.com

Globe taster

Terres de vins

Les régions viticoles représentent un eldorado quasiment sans fin pour les amoureux du vin. Les néophytes initient leurs palais à Bordeaux ou en Bourgogne tandis que les plus affûtés courent les recoins de terroir sur la carte du mondovino. Zoom sur quelques vignobles à (re)découvrir.
grappes
La diversité des cépages conjuguée aux techniques de vinification n’en finissent pas de rallonger le parcours des découvertes pour les plus passionnés de jus de raisin pressé. Avec principalement du chardonnay et du pinot noir, la Bourgogne, probablement un des plus grands terroirs d’expressions parcellaires, demeure un point d’entrée pertinent pour apprivoiser les palettes olfactives de ces cépages. Pour se diversifier et enrichir son palais, le chardonnay du Jura français se révèle singulier et exprime des notes atypiques probablement plus inconnues. Tout comme le pinot noir dans le canton des Grisons en Suisse, où balayé par le foehn (vent local), il délivre au dégustateur des sensations de chaleur rappelant des latitudes plus sudistes. Blanc ou rouge, tranquille ou effervescent, ces classiques se retrouvent adossés au plus surprenant jaune ou paille, muté ou ouillé promettant à chaque région son lot de découvertes.

Voisins distants de quelques kilomètres, parfois riches des mêmes raisins mais dont les noms sont différents, le canton du Valais en Suisse fait office de grand-frère face à la vallée italienne d’Aoste. Des deux côtés de la frontière, la petite arvine exprime toute sa typicité, que ce soit en sec, demi-sec ou liquoreux. Le fumin (rouge) fait figure d’autochtone transalpin rappelant le cornalin de l’autre côté des Alpes. Marquée par la même tramontane (vent du nord) mais séparées par les Pyrénées, la dénomination espagnole Emporda jouxte le Roussillon français. Ici aussi la vigne n’a pas forcément considéré la frontière mais l’identité de chacun mérite le détour. La longue tradition des vins mutés pour Banyuls ou Maury en fait une étape incontournable. Empreintes du temps, ces flacons souvent oxydatifs nous transportent dans une machine à remonter les millésimes et dévoilent des arômes parfaits pour accompagner des fromages ou un gâteau au chocolat. Dans le même esprit, les catalans de l’Emporda produisent des vins doux naturels autour du cépage phare Garnatxa, localisme linguistique pour désigner le grenache rouge largement planté sur le littoral méditerranéen. La diversité des variétés rouges ne manque pas d’attractivité avec le carignan, les cabernets franc et sauvignon ou encore le monastrell (mourvèdre) et la syrah. En variétés blanches, la malvoisie pour une autre expression que le sol valaisan ou tout simplement un chardonnay pour se laisser surprendre et pourquoi pas, recommencer en Bourgogne ?

Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l’intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
Charles Baudelaire

Tous au Salon

Une histoire de bulles

Salon a levé le voile sur son millésime 2004 à l’hôtel Le Richemond, à Genève. L’occasion de (re)découvrir l’histoire d’un Champagne pas comme les autres.

photo by Leif Carlsson

photo by Leif Carlsson

En un siècle, seuls trente-sept millésimes ont obtenu l’insigne privilège de sortir de ses caves. Uniquement produit lors des années exceptionnelles à partir de grappes cueillies au cours des mêmes vendanges, Salon sait se faire désirer et ne se dévoile qu’au rythme de l’excellence. Une micro-maison atypique dont l’histoire n’a rien à envier aux sagas balzaciennes. A son origine, Eugène-Aimé Salon, un jeune champenois de 12 ans, envoyé par ses parents à Paris pour gagner sa vie. Bon an, mal an, il s’enrichit dans le commerce de la ferraille, des peaux de lapins et enfin de la fourrure,  devenant en quelques années un des personnages incontournables de l’élite parisienne de la Belle Epoque. Epicurien patenté et amoureux de sa terre natale, le fourreur rêve de créer un champagne d’exception destiné à sa consommation personnelle et à celle de ses amis. Son beau-frère, Chef de Caves, lui conseille d’acheter des parcelles. Il investit alors dans le terroir de la Côte des Blancs, dans le cru du Mesnil-sur-Oger. Pour postulat de départ, il choisit de concevoir un champagne mono-cépage à base de chardonnay issu d’un seul grand cru et d’un seul millésime – toujours une récolte au grand potentiel de vieillissement, conservé en cave plus d’une dizaine d’années avant d’être dévoilé. Une approche visionnaire qui a fait du champagne confidentiel et familial la coqueluche des connaisseurs des quatre coins de la planète, qui le placent aujourd’hui sans hésiter au même rang que les Yquem, Romanée-Conti et autres Pétrus. En 100 ans, 37 millésimes ont vu le jour. Le 37e et dernier millésime du XXe siècle est le millésime 1999.

On change d’époque : place désormais au premier millésime du XXIe siècle, le 2004 que la Maison vient juste de dévoiler. Dans le verre, la robe claire à reflets verts, la bulle fine avec la présence d’un cordon persistant, typique du millésime, font de ce nouveau cru une précieuse promesse. L’attaque vive et franche, la fraîcheur, la minéralité intense ne démentissent pas l’attente, qu’a confortée le nez impressionnant  de notes minérales, de pierre à fusil, de cailloux, de thé fumé, avec une touche mentholée. La bouche est droite, en pointe, avec une très belle acidité, beaucoup de pureté. Avec la salinité magnifique de ce grand Blanc encore dans sa jeunesse apparaît en bouche le chardonnay mûr et surgit à petit bruit un effet brioché, de pain, de levures fraîches. Le vin s’arrondit à mesure qu’il s’oxygène et dévoile une belle vinosité, un arrondi qui équilibre l’acidité. Et la fin de bouche se clôt sur une pointe d’amertume, signature des plus grands vins. Et pour déguster le nectar ? Il va falloir la jouer serré : seuls 480 bouteilles et 60 magnums sont disponibles en Suisse. A respectivement 495 francs et 1100 francs le flacon. Quand on aime, on ne compte pas…

www.salondelamotte.com

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