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A la Lausanne Art Fair

C’est la foire à Beaulieu

L’événement va faire date : la capitale vaudoise accueille du 4 au 7 mai sa première foire d’art contemporain d’envergure. Au programme ? Plus de 6000 m2 d’exposition, 80 galeries sélectionnées venues du monde entier et près de 3000 œuvres présentées (sculptures, peintures, photographies, céramiques).

Lyon, Berlin, Istanbul, Moscou, Turin, Dubaï, Shanghai, Gwangju, Montréal, La Havane, Sidney, Dakar, Ushuaïa, Cotonou… On ne compte plus les villes qui accueillent biennales et autres foires. Il était temps que Lausanne se mette au parfum. Et c’est chose faite. Du 4 au 7 mai aura lieu la première Lausanne Art Fair. De la figuration libre en passant par l’art abstrait, l’art urbain, le pop art, le bad painting et les performances, cette édition inaugurale sera représentative des plus grands courants artistiques du moment. Qu’il s’agisse de débusquer la prochaine valeur montante d’une terra encore incognita ou de miser sur des valeurs sûres, collectionneurs et curieux auront de quoi s’en donner à cœur joie en arpentant les allées du salon à la topographie aérée et à l’atmosphère arty décontractée. « Aller à la rencontre de l’art sans préjugés et laisser l’émotion prendre le pas », voilà le mantra de la Lausanne Art Fair. Une foire hors des sentiers battus dont, grande première, la Gazette est l’un des partenaires médias. L’occasion de questionner Serge Beninca, directeur artistique de la foire.

Pourquoi avoir opté pour Lausanne ?

Nous sommes un organisateur français et étions désireux de développer notre concept en Europe. Nous avons privilégié les villes francophones, ce qui est le cas de Lausanne. De plus, la Suisse a toujours montré un intérêt majeur pour l’art en général et plus particulièrement pour l’art contemporain. D’ailleurs, le plus gros salon au monde est organisé à Bâle (Art Basel). Lausanne, n’ayant pas encore de salon d’art contemporain, nous semblait intéressant en tous points.

Sur quels critères ont été sélectionnées les galeries ? Pourriez-vous nous en citer quelques-unes ?

Nous avons privilégié l’art coup de cœur et l’art abordable. Donc pas d’œuvres trop intellectuelles ou trop torturées. Aucune thématique mais la volonté de proposer aux visiteurs une sélection variée. À titre d’exemples, seront présentes : FOXX Galerie (Zürich), Galerie ART XXI (Genève), Galerie Martine Ehmer (Bruxelles), Galerie Art et Emotion (Lausanne), Pigment Gallery (Barcelone), Galerie Bel Air Fine Art (Genève), Galerie Catherine Niederhauser (Lausanne), Galerie Arts et Autographes (Paris), Galerie Inné’art (artistes chinois) et bien d’autres…

Est-ce que tous types d’arts seront mis à l’honneur ? (sculpture, peinture, installations, photographies, video-art, etc.)

Quatre grandes familles artistiques seront représentées : les peintres, les sculpteurs, les photographes et les céramistes. Pas de vidéo-art, pas plus non plus d’art conceptuel.

L’art suisse sera-t-il également porté aux cimaises ?

Bien évidement. Certaines galeries étrangères viennent justement car elles représentent toute l’année des artistes suisses.

Pouvez-vous nous citer quelques-uns des artistes que l’on pourra découvrir au sein de la Foire ? Parmi les plus connus ? Et les étoiles montantes ?

Les visiteurs pourront par exemple découvrir des œuvres de Banksy, artiste British incontournable de la scène graffiti, Norma Bessières et ses fameux zèbres, Turi Simeti, peintre italien lié au spatialisme et figure incontournable du mouvement Zéro, Ivan Kulinski un des sculpteurs les plus talentueux et les plus prometteurs de sa génération dans le domaine de l’art contemporain en Bulgarie mais aussi Nicolas Vial, Rosa Serra, Marc Brousse et bien d’autres…

Du 4 au 7 mai, Beaulieu Expo, Halles Sud, 10, avenue Bergières, 1004 Lausanne. De 18h à 23h le jeudi, de 16h à 22h le vendredi et de 10h à 20h les samedi et dimanche.  Entrée adulte : 15 francs.

www.lausanneartfair.com

Objectif altitude

Sommets aux cimaises

Amoureux des grands sommets mais frileux à souhait ? Direction le Musée de l’Elysée qui présente jusqu’au 30 avril une exposition consacrée aux photographies de montagne. De quoi prendre de la hauteur… sans se geler.

© Jacques Pugin, #001 Glaciers, Rhonegletscher, 46°34’48″ N 8°23’12’’ E, 2015 © Jacques Pugin, Collection du Musée de l’Elysée

C’est une première du genre. Une exposition entièrement consacrée à la photographie de montagne, présentant des prises de vue datant de 1840 à aujourd’hui. Un panorama vaste qui révèle l’évolution de notre regard sur les hauts sommets. En effet, jusqu’au XIXe siècle, la montagne était considérée comme « le territoire de Dieu », lieu maudit et fantasmé, où nul ne pouvait se rendre. Les pionniers de la photographie ont permis de découvrir les sommets jamais atteints auparavant et de transformer la montagne en paysages. « Dès les débuts, photographier la montagne représente un défi esthétique et artistique de taille, doublé de très grandes difficultés techniques en ce qui concerne les prises de vue […] Les photographes ont aujourd’hui une formation plus orientée d’un point de vue artistique, donc un regard singulièrement esthétique », explique Daniel Girardin, conservateur en chef et commissaire de l’exposition. Cette ode aux sommets s’articule autour de quatre axes : la photographie scientifique, qui présente de nombreux tirages de glaciers et a permis l’étude des roches et la documentation visuelle de la géologie, la photographie touristique, qui dès 1860, facilite la vente de centaines de tirages aux touristes, la photographie d’alpinisme qui dévoile quant à elle des paysages de montagnes inaccessibles, et enfin la photographie artistique. Près de 300 tirages sont présentés dont plus des trois quarts proviennent des collections du musée. Parmi les artistes représentés, Gabriel Lippmann, Francis Frith, Adolphe Braun, Jules Beck, William Donkin, Emile Gos, René Burri mais aussi des contemporains comme Peter Knapp, Balthasar Burkhard, Matthieu Gafsou, Pierre Vallet, Jacques Pugin, Maurice Schobinger ou Iris Hutegger. Bref, une exposition où il faut filer tout schuss.

“Sans limite. Photographies de montagne”, du 25 janvier au 30 avril 2017, Musée de l’Elysée, 18, avenue de l’Elysée, 1014 Lausanne.

www.elysee.ch

A la ChARTreuse

Jorge Cañete au cloître

Interior design philosophy, le studio d’architecture d’intérieur de Jorge Cañete, s’installe dans les murs de la Chartreuse de La Lance à Concise. Un nouvel espace contemporain insolite, lieu de vie, de travail mais aussi d’exposition.
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Jorge Cañete a dernièrement élu domicile dans la Chartreuse de La Lance à Concise, au bord du lac de Neuchâtel. Un environnement parfait pour continuer à développer ses projets d’architecture poétiques mais aussi pour accueillir des expositions d’art contemporain quatre fois par an. La première a lieu jusqu’au 7 avril. Au programme, l’exposition « (transfigurer) des ombres » qui propose une installation mêlant photographie et littérature, un jeu de miroir entre le photographe Patrice Schreyer et l’écrivain Alexandre Correa. Le travail de l’un vient inspirer les créations de l’autre, pour construire un monde en opposition, où l’ombre et la lumière se répondent. 14 photos en noir et blanc, 7 photographies monumentales en couleur de Patrice Schreyer sont exposées, complétées par des phrases d’Alexandre Correa intégrées dans le cloître dans une scénographie réalisée par le maître des lieux. Une occasion de découvrir une mise en parallèle inspirante mais aussi de visiter un lieu habituellement fermé au public : un cloître historique dont la fondation remonte au XIVème siècle est l’un des seuls cloîtres chartreux existant encore en Suisse.

Exposition jusqu’au 7 avril 2016. Visite sur rendez-vous uniquement du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30, Domaine de La Lance, 1426 Concise (VD).
www.ch-ART-reuse.com

Au boulot !

Les clichés du travail

De l’atelier de tissage aux bureaux ultramodernes de Google, le monde du travail s’est métamorphosé au cours des 150 dernières années. C’est cette évolution que le Musée national de Zurich illustre dans sa nouvelle exposition « Le travail. Photographies 1860 – 2015 ».

Début de la construction du four de la tuilerie d’Allschwil, 1898, photo: Eduard Müller.
© Musée national suisse

Début de la construction du four de la tuilerie d’Allschwil, 1898, photo: Eduard Müller.
© Musée national suisse

Il faut sans doute être un peu maso pour avoir envie d’entendre parler de boulot pendant son temps libre. Et si habituellement on prend soin d’oublier tout ce qui a trait au travail durant son sacro-saint week-end, la nouvelle exposition du Musée national de Zurich vaut l’exception. Présentant une vaste sélection de clichés historiques issus de ses fonds  et illustrant le monde du travail de 1860 à nos jours, elle témoigne de la transformation de la vie professionnelle ces 150 dernières années. Des images qui mettent en lumière l’apparition et la disparition de certains métiers, la migration de la main-d’œuvre, le remplacement des ateliers par les usines et, plus tard, le déclin de l’industrie au profit du secteur tertiaire. Les visiteurs pourront notamment découvrir de nombreux reportages photographiques projetés sur grand écran et réalisés dans les années 40 et 50. Des séries qui prennent la forme de petits scénarios quasi-cinématographiques racontant le dur labeur dans les mines de charbon (1941), le quotidien d’un pêcheur professionnel du lac de Zurich (1943) ou le parcours de formation d’une hôtesse de l’air (1946). Si la plupart des œuvres sélectionnées émanent de photoreporters, d’autodidactes et d’amateurs anonymes, certaines d’entre elles ont été réalisées par des professionnels réputés, tels que Jakob Tuggener, Theo Ballmer, Constant Delessert ou encore Rudolf Zinggeler. Et, il est même possible de s’improviser artiste d’un jour en publiant des selfies et des photographies de son environnement professionnel présentés en direct dans l’exposition. En effet, l’application « Brandalizzer » projette sur un écran un choix de contributions d’Instagram, Facebook et Twitter postées sous le hashtag #LMZtravail. A vos appareils !

«Le travail. Photographies 1860 – 2015», jusqu’au 3 janvier 2016
Musée national Zürich, Museumstrasse 2, Postfach, 8021 Zürich. www.landesmuseum.ch

Nick Veasey sous X-Ray

En toute transparence

Donner à voir les choses telles qu’elles sont vraiment, voilà la philosophie de Nick Veasey, artiste britannique qui prend toutes ses photos au travers de machines à rayons X. Une exposition entre art et science, du sur-mesure pour la M.A.D.Gallery.
Matchless-Rider
Les clichés photoshopés qui embellissent la réalité ? Très peu pour Nick Veasey. Le truc de l’artiste anglais exposé au Victoria & Albert muséum de Londres, au musée Pushkin de Moscou ou encore au musée d’art contemporain de Taipei : prendre ses photos au travers de machines à rayons X. Chaque image, à taille réelle, est fixée sur des segments de films de 35 par 43 cm. Une dimension tout à fait suffisante pour un insecte ou une ampoule, mais pour un objet plus grand, comme une VW Beetle, il devient nécessaire de démonter entièrement le véhicule pour en radiographier chacun des composants. Et, tout y passe: objets, vêtements, hommes, voitures ou engins de chantier. La tâche peut s’avérer titanesque et donne parfois lieu à des œuvres monumentales.

Pour ce faire, Nick Veasey et sa petite équipe travaillent dans le Radar Studio, un ancien poste d’espionnage datant de la Guerre froide, reconverti en studio photo, et situé dans la campagne du Sud de l’Angleterre, dans le Kent. L’isolement du lieu est crucial du fait de l’émission de radiations potentiellement mortelles, et de la durée d’exposition aux rayons X utilisés par l’artiste. Nick Veasey transforme ensuite les radiographies obtenues en fichiers numériques à l’aide d’un scanner à tambour des années 1980, « un vrai monstre », qui crée des images « vraiment fantastiques, en haute résolution ». Ces images sont enfin importées sur un ordinateur et patiemment assemblées numériquement. Un travail de mise à nu, teinté d’un humour très British, à découvrir à la M.A.D. Gallery.

Jusqu’au 30 septembre 2015 à la M.A.D.Gallery, 11 rue Verdaine, 1204 Genève.

www.mbandf.com

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