Category Archives: L’explorateur

Objectif altitude

Sommets aux cimaises

Amoureux des grands sommets mais frileux à souhait ? Direction le Musée de l’Elysée qui présente jusqu’au 30 avril une exposition consacrée aux photographies de montagne. De quoi prendre de la hauteur… sans se geler.

© Jacques Pugin, #001 Glaciers, Rhonegletscher, 46°34’48″ N 8°23’12’’ E, 2015 © Jacques Pugin, Collection du Musée de l’Elysée

C’est une première du genre. Une exposition entièrement consacrée à la photographie de montagne, présentant des prises de vue datant de 1840 à aujourd’hui. Un panorama vaste qui révèle l’évolution de notre regard sur les hauts sommets. En effet, jusqu’au XIXe siècle, la montagne était considérée comme « le territoire de Dieu », lieu maudit et fantasmé, où nul ne pouvait se rendre. Les pionniers de la photographie ont permis de découvrir les sommets jamais atteints auparavant et de transformer la montagne en paysages. « Dès les débuts, photographier la montagne représente un défi esthétique et artistique de taille, doublé de très grandes difficultés techniques en ce qui concerne les prises de vue […] Les photographes ont aujourd’hui une formation plus orientée d’un point de vue artistique, donc un regard singulièrement esthétique », explique Daniel Girardin, conservateur en chef et commissaire de l’exposition. Cette ode aux sommets s’articule autour de quatre axes : la photographie scientifique, qui présente de nombreux tirages de glaciers et a permis l’étude des roches et la documentation visuelle de la géologie, la photographie touristique, qui dès 1860, facilite la vente de centaines de tirages aux touristes, la photographie d’alpinisme qui dévoile quant à elle des paysages de montagnes inaccessibles, et enfin la photographie artistique. Près de 300 tirages sont présentés dont plus des trois quarts proviennent des collections du musée. Parmi les artistes représentés, Gabriel Lippmann, Francis Frith, Adolphe Braun, Jules Beck, William Donkin, Emile Gos, René Burri mais aussi des contemporains comme Peter Knapp, Balthasar Burkhard, Matthieu Gafsou, Pierre Vallet, Jacques Pugin, Maurice Schobinger ou Iris Hutegger. Bref, une exposition où il faut filer tout schuss.

“Sans limite. Photographies de montagne”, du 25 janvier au 30 avril 2017, Musée de l’Elysée, 18, avenue de l’Elysée, 1014 Lausanne.

www.elysee.ch

Voyages culinaires

Tour du monde à la Réserve

Jouer les Phileas Fogg  sans quitter les rives du Léman ? C’est ce que propose La Réserve en invitant ses hôtes à un tour du monde gourmand en 80 jours. Embarcation immédiate.

Le périple débutera le 10 janvier et s’achèvera fin mars. Exit les visas, les suppléments bagages, le décalage horaire, le Tour du monde by la Réserve  aura lieu dans les murs du cinq étoiles de Bellevue. Plusieurs escales sont prévues. Le mardi 10, mercredi 11 et jeudi 12 janvier, on file droit chez nos voisins, direction les beaux quartiers de la Capitale. Le chef doublement étoilé de La Réserve Paris, Jérôme Banctel s’invite au Loti pour signer avec Virginie Basselot des menus exclusifs sous le signe de la gastronomie à la française. Deux semaines plus tard, du samedi 28 janvier au 4 février, on s’envole en Asie pour célébrer le Nouvel An chinois, comme il se doit, au Tsé Fung, unique restaurant chinois récompensé par une étoile au Michelin en Suisse. De quoi  célébrer l’entrée dans l’année du Coq de Feu en beauté. Petite halte en Russie le 2 février, où le jeune virtuose de la cuisine créative contemporaine moscovite, le chef du White Rabbit, Vladimir Mukhin, viendra prendre les commandes des fourneaux du Loti. Une occasion unique de succomber aux saveurs du restaurant élu 18e meilleur restaurant au monde. Du 27 février au 5 mars, c’est le Maroc qui sera à l’honneur avec en invité VIP le chef de La Mamounia, le légendaire palace de Marrakech à la cuisine très réputée. Les 14, 15 et 16 mars, clin d’œil aux Indes fastueuses avec  les Dîners Cos, rendez-vous incontournables des œnophiles. L’occasion de se remémorer l’histoire du vin de Cos d’Estournel, si prestigieux qu’il s’exporta dès les origines jusqu’aux Indes. Son fondateur était surnommé le « Maharadjah de Saint-Estèphe » et les chais du château possèdent toujours les pagodes exotiques installées à l’époque… Pas de doute, en 2017, La Réserve a prévu de nous faire voyager.

La Réserve Genève Hotel and Spa, 301, Route de Bellevue, 1293 Bellevue. Tél. 022 959 59 59.

www.lareserve-geneve.com

 

Le tiny chalet du Valais

Petit mais écolo

Pour la première fois cet hiver, la station valaisanne Thyon 4 Vallées accueille un “tiny chalet”, une maison en bois XS transportable et recyclable pour les adeptes de la green attitude, à louer pour une nuit…ou plus si affinités.

Après avoir envahi les Etats-Unis, la tiny house débarque enfin en Suisse. Le principe de ces « maisons minuscules » qui essaiment aux quatre coins de l’Europe ? Proposer un logement peu coûteux, pratique et éco-responsable. Nomades et recyclables, ces mini maisons (5 à 8 mètres de long pour 2,5 mètres de largeur et 4 mètres de hauteur) à mi-chemin entre la caravane et le chalet, promeuvent un mode de vie simple et proche de la nature. Elles incitent à réduire la consommation d’énergie, à expérimenter le zéro-déchet, bref à limiter au maximum l’impact de ses habitants sur l’environnement. Exigu mais bien agencé, le tiny chalet de Thyon comprend un lit deux places en mezzanine et un lit simple ainsi qu’une douche et une cuisine. Juste l’essentiel pour recharger ses batteries au calme, dans le cadre exceptionnel du Val d’Hérens. Et pour les dandys les plus écolos ? Des ateliers “zero waste at home” durant lequel il est possible d’apprendre des astuces pour générer moins de déchets au quotidien seront mis en place. « Be tiny, be happy », clament les aficionados. Et si on s’y mettait ?

www.tinychalet-thyon.ch

A la «Pages»

Un guide urbain made in Swiss Romande

Un atlas des meilleures librairies indépendantes du monde entier est en préparation. Dédié aux voyageurs en quête de nouvelles adresses originales, le guide «Pages» est actuellement testé sur Kickstarter.
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Envie de bons plans originaux? De découvrir une ville autrement? «Pages» pourrait devenir le livre de chevet de tout voyageur exigeant. De Zurich à San Francisco, en passant par Amsterdam ou Tokyo, le guide «Pages, the world atlas for magazine enthusiasts» recueillera les nouveaux lieux émergents d’une trentaine de grandes villes en interrogeant leurs libraires.

«Pages» verra le jour au printemps prochain s’il atteint son objectif de financement sur Kickstarter d’ici au 19 décembre. Les amateurs de magazines – indépendants ou professionnels – peuvent participer à la campagne pour obtenir un ou plusieurs exemplaire(s) de l’ouvrage imprimé en nombre limité.

Derrière ce projet, Céline Debray, de la jolie librairie et concept-store Sérendipité, basée à Chexbres, et l’agence genevoise LargeNetwork. «Magazine loveuse», Céline ne connaît aucun ouvrage qui permette de découvrir une ville avec comme point de départ une librairie indépendante, telle que Do you read Me à Berlin, ou MagCulture à Londres. «Pages» sera-t-il le premier? Réponse dans 15 jours.

Globe taster

Terres de vins

Les régions viticoles représentent un eldorado quasiment sans fin pour les amoureux du vin. Les néophytes initient leurs palais à Bordeaux ou en Bourgogne tandis que les plus affûtés courent les recoins de terroir sur la carte du mondovino. Zoom sur quelques vignobles à (re)découvrir.
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La diversité des cépages conjuguée aux techniques de vinification n’en finissent pas de rallonger le parcours des découvertes pour les plus passionnés de jus de raisin pressé. Avec principalement du chardonnay et du pinot noir, la Bourgogne, probablement un des plus grands terroirs d’expressions parcellaires, demeure un point d’entrée pertinent pour apprivoiser les palettes olfactives de ces cépages. Pour se diversifier et enrichir son palais, le chardonnay du Jura français se révèle singulier et exprime des notes atypiques probablement plus inconnues. Tout comme le pinot noir dans le canton des Grisons en Suisse, où balayé par le foehn (vent local), il délivre au dégustateur des sensations de chaleur rappelant des latitudes plus sudistes. Blanc ou rouge, tranquille ou effervescent, ces classiques se retrouvent adossés au plus surprenant jaune ou paille, muté ou ouillé promettant à chaque région son lot de découvertes.

Voisins distants de quelques kilomètres, parfois riches des mêmes raisins mais dont les noms sont différents, le canton du Valais en Suisse fait office de grand-frère face à la vallée italienne d’Aoste. Des deux côtés de la frontière, la petite arvine exprime toute sa typicité, que ce soit en sec, demi-sec ou liquoreux. Le fumin (rouge) fait figure d’autochtone transalpin rappelant le cornalin de l’autre côté des Alpes. Marquée par la même tramontane (vent du nord) mais séparées par les Pyrénées, la dénomination espagnole Emporda jouxte le Roussillon français. Ici aussi la vigne n’a pas forcément considéré la frontière mais l’identité de chacun mérite le détour. La longue tradition des vins mutés pour Banyuls ou Maury en fait une étape incontournable. Empreintes du temps, ces flacons souvent oxydatifs nous transportent dans une machine à remonter les millésimes et dévoilent des arômes parfaits pour accompagner des fromages ou un gâteau au chocolat. Dans le même esprit, les catalans de l’Emporda produisent des vins doux naturels autour du cépage phare Garnatxa, localisme linguistique pour désigner le grenache rouge largement planté sur le littoral méditerranéen. La diversité des variétés rouges ne manque pas d’attractivité avec le carignan, les cabernets franc et sauvignon ou encore le monastrell (mourvèdre) et la syrah. En variétés blanches, la malvoisie pour une autre expression que le sol valaisan ou tout simplement un chardonnay pour se laisser surprendre et pourquoi pas, recommencer en Bourgogne ?

Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l’intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
Charles Baudelaire

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