Category Archives: Art Et Culture

ou du cochon ?

De Cotonou à Genève

C’est la fête

La Suisse et le Bénin ont leur fête nationale le même jour. Et pour ne pas faire de jaloux, Genève a décidé de célébrer les deux 1er août en un.

Chaque année, la Ville de Genève associe un hôte d’honneur à la célébration du 1er août. Cette année, pour la première fois, c’est un pays, le Bénin, qui est l’heureux élu. Et cela tombe à pic : l’ex-royaume de Dahomey partage avec la Suisse le 1er août comme date de fête nationale. Au programme donc une double célébration qui aura lieu dans le parc La Grange aux Eaux-Vives. Manèges et animations pour enfants, cortège aux lampions, feu de joie, discours officiels de rigueur et exposition de productions artisanales du Bénin réjouiront les visiteurs lors de cette journée de fête qui débutera dès 15h pour se terminer tard dans la nuit par une soirée dansante. Yodle et cor des Alpes côtoieront des concerts de l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou ou encore du Gangbé Brass Band. Côté stands de restauration, de la raclette évidemment mais aussi des frites de bananes plantain et autres spécialités. Quant à l’affiche -très réussie- qui promeut l’événement, elle illustre le mélange des deux cultures grâce à une poya revisitée. Au centre un masque béninois surmonté de deux statuettes se tenant la main. Tout un symbole. Bref, patriote ou pas, des festivités à ne pas manquer.

www.ville-geneve.ch

Bestialement vôtre

Les mascottes helvètes au musée

L’animal emblématique de la Suisse ? La vache, la marmotte, le bouquetin ou le saint-bernard, le Musée national Zurich a décidé de ne pas trancher et propose une exposition exclusive dédiée aux quatre bêtes helvètes.

© Musée national suisse

© Musée national suisse

L’ours brun en Finlande, le dauphin en Grèce, le loup en Italie, le kangourou en Australie ou encore le coq chez nos voisins français : nombreux sont les pays à afficher un animal national officiel. Et si de ses montres à Heidi en passant par Guillaume Tell, la Suisse ne manque pas d’emblèmes, aucun membre du règne animal ne la représente. Et pourtant, les candidats sont légions… Parmi eux, la vache, la marmotte, le bouquetin et le saint-bernard. C’est à ce joyeux quatuor, intrinsèquement lié au paysage et à la culture helvète qu’est consacrée l’exposition « Bestialement suisses » au Musée national Zurich. Des animaux naturalisés, des objets insolites et des bornes interactives invitent les visiteurs à explorer ce bestiaire. Ils y découvrent des marmottes capables de danser, des saint-bernards sauvant des vies humaines, des vaches promues au rang de reines et des bouquetins champions de l’escalade sur les rochers les plus abrupts. Attraction touristique ou source de matières premières, élément d’armoirie ou encore personnage principal de livres pour enfants, ces quatre animaux symbolisent autant la Suisse que la croix blanche sur fond rouge. Une exposition qui met en lumière les liens unissant l’homme et ces quatre animaux et qui transforme, comme par magie, les salles du musée en vertes prairies et vallées alpines.

«Bestialement suisses, vache, marmotte, bouquetin et saint-bernard», jusqu’au 11 mars 2018, Musée national Zürich, Museumstrasse 2, Postfach, 8021 Zürich. www.landesmuseum.ch

Le Big Data au musée

L’art de la donnée

Qu’il permette à un président de se faire élire, à une entreprise de booster son chiffre d’affaire ou à la science de faire des pas de géant, le Big Data a le vent en poupe. A tel point, qu’il s’invite aujourd’hui dans l’art et investit le temps d’une exposition la Ferme renanaise des Tilleuls.

« Big Data, rencontre biologique entre science et art », voilà le titre prometteur de l’exposition de la Ferme des Tilleuls. Au programme concrètement ? Une collaboration inédite entre Kirell Benzi et Antoine Guisan. Le premier est « data scientist » (scientifique spécialisé en extraction de données et intelligence artificielle pour les néophytes). Titulaire d’un doctorat de l’EPFL et passionné d’art, il réalise des œuvres alliant analyse de données et  visualisation de réseaux. Le second, Antoine Guisan, est écologue et biogéographe. Professeur à l’Université de Lausanne, il est spécialisé dans les modèles prédictifs de distribution d’organismes et a initié un grand projet qui va au-delà de la seule biologie : RECHALP (rechalp.unil.ch).

De la rencontre entre les deux cerveaux est née « Natural Heritage – Patrimoine Naturel », une œuvre vertigineuse de Kirell Benzi créée à partir de vingt-cinq ans de collectes de données du laboratoire ECOSPAT sur la biodiversité dans les Alpes vaudoises regroupant 4000 sites d’observations, 1700 espèces et ce, grâce aux algorithmes. Ce réseau, qui évoque un pissenlit à maturité, permet de visualiser les interactions entre les diverses espèces alpines. Il montre que de l’arbre à la bactérie tout est lié dans une remarquable complexité faite d’interdépendances, mais aussi que derrière l’art se cache une science nécessaire pour anticiper les effets des changements climatiques. Bref, une exposition futuriste qui propose un nouveau regard sur la donnée.

«Big Data, rencontre biologique entre science et art », jusqu’au 1 octobre 2017, La Ferme des Tilleuls, Rue de Lausanne 52, 1020 Renens.

www.fermedestilleuls.ch

Sculptures mécaniques

Les machines du désir

A l’honneur de la dernière exposition de la M.A.D.Gallery de Genève, les Desiring-Machines, une collection de cinq sculptures mécaniques réalisées par l’artiste turc Server Demirtaş.

Le titre de l’exposition, « Desiring-Machines », s’inspire du concept des philosophes français Deleuze et Guattari, et particulièrement de leur livre « L’anti-Œdipe : capitalisme et schizophrénie ». Au programme concrètement ? Les créations un peu folles de Server Demirtaş, Géo Trouvetou des temps modernes, soit cinq sculptures cinétiques, clins d’œil à la magie des automates suisses. Chacune d’elles effectue une série unique de mouvements et de gestes savamment chorégraphiés, imitant ceux de la vie réelle et explorant la condition humaine. Durant environ 80 secondes, ce spectacle visuel animé captive le public et délivre un message propre à chaque observateur. Parmi elles, la fameuse Desiring Machine, une sculpture mécanique représentant un petit enfant debout sur un piédestal, les bras croisés fermement sur sa poitrine, frappant son dos contre le mur derrière, dans un mouvement continuel. Cette réalisation résume avec force toute l’incertitude et la frustration de l’enfance ; un équilibre frappant se détache visuellement entre les traits humains du visage de l’enfant et les gestes effectués par les mécanismes visibles de cette pièce d’1,50 m de haut. La Contemplating Woman’s Machine II, elle, mesure presque la même taille et révèle une femme assise, la tête posée sur les genoux et les bras entourant ses jambes. Ses mouvements, doux et lents, suggèrent un moment de méditation personnelle.

Chaque pièce est fabriquée entièrement à la main dans l’atelier stambouliote de l’artiste. Le processus naît des dessins et des plans des solutions mécaniques qui font fonctionner ces œuvres d’art mécanique innovantes. Server Demirtaş travaille seul, sans l’aide d’un ingénieur ni d’un développeur logiciel. « La partie la plus difficile du processus est de concevoir et de produire la structure et le mécanisme destinés à restituer les mouvements tels que je les imagine », explique l’artiste. Un ensemble de roues et de rouages en plexiglas, connectés par des câbles et des fils électriques, constitue le centre névralgique de chaque sculpture mécanique et permet l’exécution des mouvements synchronisés. Les roues en plexiglas sont façonnées une par une afin de générer les mouvements spécifiques à chacune des différentes parties du corps, créant ainsi la fluidité cinétique de la sculpture. Chaque sculpture est unique et nécessite 2 à 6 mois de travail pour la conception et la fabrication de la partie mécanique qui donne à l’ensemble ses caractéristiques fascinantes. Un coup de cœur à la galerie, dixit Maximilian Büsser et ses équipes. A découvrir.

MB&F, M.A.D.Gallery, 11 rue Verdaine, 1204 Genève.
www.mbandf.com

Sérigraphies voyageuses

Le don d’ubiquité de Natacha Veen

Jusqu’au 15 juin, la galerie Rivoli accueille une exposition consacrée à l’illustratrice romande Natacha Veen. Une invitation au voyage qui mène les visiteurs de la Suisse au Japon en passant par les tropiques.

On connaît tous Natacha Veen, qu’on le sache…ou pas. Que ce soit pour les plus grandes marques suisses, comme Caran d’Ache, pour Poésie en ville l’an dernier ou pour Let me fly, sa propre marque, ses dessins sont partout, de l’espace urbain aux intérieurs les plus edgy en passant par les galeries d’art, il va de soi. Dernière exposition en date : « La beauté de l’ubiquité » à la galerie Rivoli en plein quartier des Bains. Au programme, un voyage pictural qui revisite les symboles de différentes cultures par un trait poétique et imaginatif. En effet, sensible au monde qui l’entoure, à la faune et la flore, la genevoise d’adoption s’inspire souvent de livres sur la nature, de descriptifs d’oiseaux mais aussi de ce qu’elle perçoit lors de ces promenades ou de ses voyages. Elle récolte et collectionne de la papeterie depuis toujours. C’est en puisant dans toutes ces sources d’inspirations, qu’elle mélange dans ses dessins, la délicatesse du papier, la complexité de la dentelle et la poésie de ses sujets. Elle dessine d’abord à l’encre de chine, puis, elle procède à la numérisation de ses images et les reproduit à la sérigraphie. Chaque sérigraphie est un fragment d’histoires. Une fois réunis dans un même espace, ils créent comme un nuage de couleurs et de formes qui propulse le visiteur, à la fois ici et ailleurs. Bref, le don d’ubiquité pour tous. On est fan.

“La beauté de l’ubiquité”, jusqu’au 15 juin, Galerie Rivoli, 14, rue de l’Arquebuse, 1204 Genève. www.rivoligeneve.com

 

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