Monthly Archives: juin 2017

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Sculptures mécaniques

Les machines du désir

A l’honneur de la dernière exposition de la M.A.D.Gallery de Genève, les Desiring-Machines, une collection de cinq sculptures mécaniques réalisées par l’artiste turc Server Demirtaş.

Le titre de l’exposition, « Desiring-Machines », s’inspire du concept des philosophes français Deleuze et Guattari, et particulièrement de leur livre « L’anti-Œdipe : capitalisme et schizophrénie ». Au programme concrètement ? Les créations un peu folles de Server Demirtaş, Géo Trouvetou des temps modernes, soit cinq sculptures cinétiques, clins d’œil à la magie des automates suisses. Chacune d’elles effectue une série unique de mouvements et de gestes savamment chorégraphiés, imitant ceux de la vie réelle et explorant la condition humaine. Durant environ 80 secondes, ce spectacle visuel animé captive le public et délivre un message propre à chaque observateur. Parmi elles, la fameuse Desiring Machine, une sculpture mécanique représentant un petit enfant debout sur un piédestal, les bras croisés fermement sur sa poitrine, frappant son dos contre le mur derrière, dans un mouvement continuel. Cette réalisation résume avec force toute l’incertitude et la frustration de l’enfance ; un équilibre frappant se détache visuellement entre les traits humains du visage de l’enfant et les gestes effectués par les mécanismes visibles de cette pièce d’1,50 m de haut. La Contemplating Woman’s Machine II, elle, mesure presque la même taille et révèle une femme assise, la tête posée sur les genoux et les bras entourant ses jambes. Ses mouvements, doux et lents, suggèrent un moment de méditation personnelle.

Chaque pièce est fabriquée entièrement à la main dans l’atelier stambouliote de l’artiste. Le processus naît des dessins et des plans des solutions mécaniques qui font fonctionner ces œuvres d’art mécanique innovantes. Server Demirtaş travaille seul, sans l’aide d’un ingénieur ni d’un développeur logiciel. « La partie la plus difficile du processus est de concevoir et de produire la structure et le mécanisme destinés à restituer les mouvements tels que je les imagine », explique l’artiste. Un ensemble de roues et de rouages en plexiglas, connectés par des câbles et des fils électriques, constitue le centre névralgique de chaque sculpture mécanique et permet l’exécution des mouvements synchronisés. Les roues en plexiglas sont façonnées une par une afin de générer les mouvements spécifiques à chacune des différentes parties du corps, créant ainsi la fluidité cinétique de la sculpture. Chaque sculpture est unique et nécessite 2 à 6 mois de travail pour la conception et la fabrication de la partie mécanique qui donne à l’ensemble ses caractéristiques fascinantes. Un coup de cœur à la galerie, dixit Maximilian Büsser et ses équipes. A découvrir.

MB&F, M.A.D.Gallery, 11 rue Verdaine, 1204 Genève.
www.mbandf.com

Métaphysique gourmande

Aux Philosophes

On en avait beaucoup entendu parler et ça y est, on a enfin testé. La brasserie historique des Philosophes a fait peau neuve et ça vaut le détour.

Deux étages, trois espaces, de quoi manger, picoler, pique-niquer et travailler, voilà en résumé le concept des Philosophes, la fameuse brasserie du quartier de Plainpalais en version revisitée. Avec sa décoration ambiance années 20 cosy et ultra design, l’espace hybride a tout pour devenir le nouveau QG des branchés du quartier. « L’idée était avant tout de créer un ensemble cohérent d’espaces confortables, dans un environnement urbain. Il fallait que tous les besoins et les envies de notre clientèle puissent trouver un service adapté, à tous les moments de la journée, tout en restant simple et accessible. Aux Philosophes on vient manger, travailler, boire un verre, lire, refaire le monde, faire une sieste ou rencontrer de nouvelles personnes : comme chez des amis. » expliquent Déborah, Nathaniel et Guillaume, les trois fondateurs des lieux. Visite guidée.

Concrètement, cela donne quoi ? Au rez-de-chaussée, la brasserie à droite en rentrant avec sa terrasse bucolique. On y mange des plats de grand-mère twistés avec inventivité par le chef, des tartares, une belle sélection de poissons ou encore des fruits de mer et quelques créations végétariennes. Mention spéciale pour le gaspacho maison vraiment au top !

A gauche, le bar. Une place to be pour les œnophiles avec une sélection pointue et de fort bon goût. Le mot d’ordre ? La convivialité. On se sert soi-même, comme à la maison. On ouvre sa bouteille et on choisit parmi les appétissantes planchettes apéro (parmi les highlights, planche autour de la truffe, planche de nos alpages ou planche italienne). Le carrelage réalisé de carreaux ciment à l’ancienne et les belles suspensions tissées et dorées nous donnent le ton : on se croirait dans une épicerie. D’ailleurs, on peut aussi y faire son marché, panier sous le bras, pour aller pique-niquer au parc voisin. Tartes salées et sucrées, verrines diverses et variées, rillettes, une sélection de viandes séchées et une autre de fromages, foie gras maison, hot dog ou fish & chips du chef, de quoi se concocter un déjeuner sur l’herbe de luxe, avec verres, assiettes et couverts gracieusement prêtés. On peut aussi y petit-déjeuner dès potron-minet ou y bruncher le week-end.

Last but not least, le premier étage, qui accueille, première à Genève, des salons dédiés au cosyworking. Cosy (et non « co »), car on y travaille certes, mais dans un univers pensé pour lier la tâche à l’agréable ; ambiance douce et chaleureuse au rendez-vous, avec les murs framboise et vert d’eau et même un joli bar pour s’y approvisionner en boissons et gourmandises tout au long de la journée. Un forfait « tout compris » (wifi, imprimante, papeterie, boissons chaudes & froides, salon privé, …) permet de squatter les lieux pour la demi-journée, la journée ou le mois. Le top. Bref, une fois essayé, un endroit que l’on a plus envie de quitter.

Les Philosophes, Rue Prévost-Martin 5, 1205 Genève. www.lesphilosophes.ch

Au marché des vins vivants

Quand Lausanne célèbre le nature

Epicuriens, épicuriennes, adeptes des bons produits qui stimulent les papilles, rendez-vous samedi 17 juin en terres lausannoises pour le premier marché romand dédié aux vins vivants.

Vins natures, vins vivants, kesako ? Ce sont des créations vinicoles, fruits d’une démarche de respect de la nature qui utilise peu ou pas d’intrants ajoutés, puis simplement récolté et pressé. L’élaboration d’un vin naturel est déterminée, entre autres, par la recherche du goût originel du vin, lié directement au terroir et aux cépages travaillés. Loin des méthodes industrielles, les vignerons ancrés dans cette démarche réinventent la vinification et la culture de la vigne. Dans une préoccupation de respect de la terre et comme étant le reflet du terroir et des hommes qui les produit, il est évident que le vin nature apparaît comme une solution pour le futur.

En tête d’affiche du marché lausannois: le domaine Radikon, un très très grand nom des vins de macération. Installé depuis quatre générations en appellation Frioul proche de la frontière slovène, Stanko Radikon produit des grands vins de macération blancs et oranges pour les plus aventuriers. Naturellement sans souffre et plutôt au repos dans de grands foudres de chêne, les amoureux du style oxydatif y trouveront leur plaisir. A goûter une fois dans sa vie.

Plus proche de chez nous, du village d’Arbaz, niché dans les hauteurs de Sion, le domaine Mythopia de Romaine et Hans-Peter Schmidt. Mythopia est spécialisé dans la biodiversité et l’harmonisation des écosystèmes dans le but d’offrir à la vigne la puissance et l’énergie du terroir. En résulte du raisin très aromatisé et de caractère : la flore (thym, absinthe, menthe, …) et la faune (grillons, papillons et autres insectes) participent donc activement à la création de vins sublimes et racés.

Plus de références seront à découvrir grâce à la sélection de Paul Baszanger, importateur de vins vivants à l’enseigne des Amis du Château à Genève. L’ancien banquier, véritable passionné de la vie et des vins qui vont avec, déniche des perles jaunes et oranges aux quatre coins du monde. Les délices nature ne connaissent pas de frontière quand il s’agit de séduire les palais curieux.

Et pour accompagner ces flacons inédits, de la mozarrella italienne produite dans le canton de Vaud (Cuarnens), des pizzas bios de Lausanne, du poissons de la pêcherie Clerc & fils d’Allaman, du tartare de la Pomme de Pin (Lausanne) et le fameux saucisson Don Recroze de l’humoriste Frédéric Recrosio et ses compères, le chef Philippe Ligron et l’artisan boucher Blaise Corminboeuf. Le soleil est annoncé, alors tous à vos chapeaux, dès 11h, place à l’apéro !

Marché des vins vivants, samedi 17 juin 2017 de 11h à 22h, rue de l’Académie, 1005 Lausanne.

Sérigraphies voyageuses

Le don d’ubiquité de Natacha Veen

Jusqu’au 15 juin, la galerie Rivoli accueille une exposition consacrée à l’illustratrice romande Natacha Veen. Une invitation au voyage qui mène les visiteurs de la Suisse au Japon en passant par les tropiques.

On connaît tous Natacha Veen, qu’on le sache…ou pas. Que ce soit pour les plus grandes marques suisses, comme Caran d’Ache, pour Poésie en ville l’an dernier ou pour Let me fly, sa propre marque, ses dessins sont partout, de l’espace urbain aux intérieurs les plus edgy en passant par les galeries d’art, il va de soi. Dernière exposition en date : « La beauté de l’ubiquité » à la galerie Rivoli en plein quartier des Bains. Au programme, un voyage pictural qui revisite les symboles de différentes cultures par un trait poétique et imaginatif. En effet, sensible au monde qui l’entoure, à la faune et la flore, la genevoise d’adoption s’inspire souvent de livres sur la nature, de descriptifs d’oiseaux mais aussi de ce qu’elle perçoit lors de ces promenades ou de ses voyages. Elle récolte et collectionne de la papeterie depuis toujours. C’est en puisant dans toutes ces sources d’inspirations, qu’elle mélange dans ses dessins, la délicatesse du papier, la complexité de la dentelle et la poésie de ses sujets. Elle dessine d’abord à l’encre de chine, puis, elle procède à la numérisation de ses images et les reproduit à la sérigraphie. Chaque sérigraphie est un fragment d’histoires. Une fois réunis dans un même espace, ils créent comme un nuage de couleurs et de formes qui propulse le visiteur, à la fois ici et ailleurs. Bref, le don d’ubiquité pour tous. On est fan.

“La beauté de l’ubiquité”, jusqu’au 15 juin, Galerie Rivoli, 14, rue de l’Arquebuse, 1204 Genève. www.rivoligeneve.com

 

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